La Compagnie du Lion - Guilde RolePlay WoW - Kirin Tor (eu)
 
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 [A faire vivre] Cauchemars

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Caerta

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MessageSujet: [A faire vivre] Cauchemars   Mer 6 Juil - 23:43

Bonjour tout le monde,

Voici le sujet dédié aux cauchemars, évoqué sur ce lien :

Klenval a écrit:
Les cauchemars ont une raison, vous vous en doutez. Pour le moment, il n'y a rien d'alarmant, mais vos personnages seront affectés en crescendo. Petit à petit, les cauchemars seront de plus en plus consistants, de moins en moins flous, de plus en plus effrayants, et il sera plus difficile de se réveiller à ce moment là.

Chaque cauchemars est différent selon le personnage affecté, il peut avoir pour thème des peurs, des anxiétés (peur de pas être à la hauteur, de décevoir, d'échouer...) des désirs inassouvis... et pourront aller progressivement vers des phobies, des traumatismes du passé où le personnage revivra une situation marquante et violente de son passé (chute de Lordaeron, d'Hurlevent, mort de proches, etc) le tout sous un filtre distordu.

Les personnages (PJ et PNJ) ne sont pas encore au courant que tout le fort est affecté, à eux de le découvrir. Plus le temps avance, plus il y a de chance que la rumeur se propage par les PNJ, mais autant le découvrir et le jouer en RP.



***

Hâtant le pas, Caerta franchit le seuil de la salle commune, les mains levées pour s'excuser de son retard. Le Capitaine ne lui laissa pas le temps de s'expliquer, il lui fallait la circulaire sur l'exception d'inexécution, impérativement. Ils attendaient. Bien sûr, l'intendante allait la lui fournir. Elle ne savait pas de quoi il s'agissait, mais elle était payée pour ses connaissances administratives. Les autres, debout, allaient tous chercher la circulaire. Léati la trouvait dans un pot de fleurs sur la table. Kaernöx l'écrivait dans un calepin, ses grands genoux repliés officiant comme sous main.

Les mains le long du corps, immobile, Caerta souriait. Elle était sûre de n'avoir rien fait pour se préparer à l'examen, alors qu'elle avait eu de longs mois pour apprendre. Est-ce qu'elle pourrait gruger les autres ?

Le Capitaine passa son bras autour du cou de Thomas Brûle-Flanc. Ils avaient l'air très amis. Ce devait faire des années qu'ils n'étaient plus ensemble. Caerta eut peur qu'il parle d'elle au Capitaine, qu'il raconte... Tous avaient l'air de s'entendre et de savoir ce qu'ils avaient à faire tandis qu'elle restait immobile, debout. Sacapuce, le basset de Thomas, la regarda de ses yeux marrons et liquides. Il avait la tête en arrière, tournée vers elle tandis qu'il escaladait le dossier d'une chaise, le corps tordu en " s " comme un lézard.

***
Caerta repoussa les draps d'un coup de talon. Rêve pourri. Entre les draps qui lui donnaient trop chaud et son ventre barbouillé, pas étonnant qu'elle fasse des rêves désagréables.
Elle se lova sur le côté gauche après un regard machinal vers la porte.
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Léati Tayra

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Jeu 7 Juil - 4:36

(HRP : Les rêves de Léati sont déjà assez violent en temps normal. Je n'oublie pas de prendre en compte l'effet crescendo que les cauchemars doivent avoir, ils seront simplement encore plus fort et de plus en plus violent, du coup.)

***********

Léati senti les os du Draconide se briser contre son bouclier, sa chair se déchirant au contact des piques d'acier qui ornait le rempart.
Deux autres arrivèrent à sa gauche et quatre à sa droite. Ses ennemis arrivaient plus vite qu'elle ne les tuais...
Elle aperçut une silhouette derrière la marée de Draconide.

"Pourquoi combats tu..."

- ARRA !

La Queld'orei à la peau pâle lui tourna lentement le dos, s'éloignant du combat. Léati bondit, courant pour la rattraper, ses ennemis à sa poursuite. Ses pas semblaient affreusement lourd et lent. Elle avait beau hurler son nom, aucuns sons ne semblaient sortir de sa bouche.
Les yeux bleu d'Arra se tournèrent vers Léati, à l'instant ou celle ci lui attrapait enfin le bras.
Elle lui fit face, ses long cheveux blanc habillant presque son corps entièrement nu. Elle mis ses mains sur les joues de la guerrière.

- Pourquoi combats tu.

Les doigts fin d'Arra commencèrent à s'enfoncer douloureusement dans la chair de Léati.

- Pourquoi combats tu...

Léati essaya de se débattre, poussant l'elfe en arrière, sans douceur. Retrouvant son équilibre avant la chute, Arra la fixa et se mis a pleurer, son visage enfouit entre ses mains.
Alzarion; fils du vol noir, approcha sa gueule de Léati. Sa langue passant avec gourmandise sur le liquide vital qui s'échappait des plaies sur les joues de la guerrière.
La demi Quel'dorei se contentait elle, de fixer Arra avec perplexité.
La voix déformée d'Alzarion s'adressa a elle ;

- Regarde ce que tu as fais.

Sur ces mots, il ouvrit de nouveau la gueule, et la referma sur le corps d'Arra.

***********

Léati ouvrit les yeux, fronçant les sourcils. Elle soupira et se leva en silence, sortant du fort.
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Towann

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Jeu 7 Juil - 6:41

Towann posa enfin le pied à terre après un interminable trajet en griffon. Récupérant son paquetage de sapeur accroché à la selle, il descendit d'un pas tranquille entre les bâtisses - commençant à se faire familières - du Nid-de-l'Aigle. Il ne fut étrangement pas étonné par l'absence de vent sur ces montagnes sans cesse balayées de bourrasques.
Comme toujours alors qu'il retrouvait son nouveau foyer, il sentit une profonde fierté l'investir.

Un nouveau retour du front. Une nouvelle victoire face à la mort qui aimait tant lui courir après. Un nouveau sursaut d'orgueil d'un des derniers porteurs de la fameuse "chance" des Stormrunner.
Il fut vite à l'entrée de sa demeure mais ce n'est qu'à cet instant que le calme lui parut inquiétant.

Anormal...

Poussant la porte, il ne la trouva pas fermée et sentit immédiatement une présence à l'intérieur. Mais pas celle de Céralynde.

Il accéléra le pas pour descendre les marches et se retrouva face à un grand kaldoreï en robe de druide. Maigre et émacié, l'elfe était légèrement penché sur le berceau où reposait Elrundil. Towann ne put s'empêcher de frémir en croisant le regard sans âge d'Estornel Stormrunner si proche de son fils.
Puis vint vite la colère.
Un pas en avant.



" - Les siècles ne te rendent décidément pas plus fin..."


Puis soudain une onde de douleur, tandis que la lame plantée dans son épaule ressortait dans son champ de vision. Avant même de regarder derrière lui, il sut qu'il y trouverait cette maudite draeneï non-morte.
Kiera lui adressa un sourire ignoble.

*****

Towann poussa un léger grognement en se redressant. Il passa une main sur son visage en reprenant ses esprits.

Il n'y avait décidément pas pire que rêver des morts... notamment ceux qui se mouvaient encore dans la réalité.
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Caerta

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Ven 8 Juil - 8:00

Subitement, elle était arc-boutée contre la porte du quartier des femmes, les paumes à plat sur le bois rugueux croqué par l'air marin. Elle maintenait la porte.

On poussait de l'autre côté, par vagues. Elle maintenait la porte. Elle avait plus de force que les dizaines de doigts immatériels, brumeux et noirs qui léchaient chaque interstice de la porte dégondée. Celle-ci n'était en fait qu'un rectangle flottant contre le seuil, soumis aux pressions opposées de l'extérieur et de Caerta, comme entre deux aimants. Elle tiendrait tant qu'on voudrait rentrer. Ils la surveillaient constamment. Quand ils se seraient lassés de la porte, ils essaieraient les fenêtres. Elle attacherait la porte flottante aux gonds, avec des ficelles, et pousserait les volets pour les empêcher d'entrer.

C'était vain, répétitif. Elle ignorait s'ils voulaient les lieux ou sa personne, mais elle ne prenait pas peur.

La porte céda lentement, portée par une eau invisible. Caerta repoussa le bois, s'en servant comme d'un bouclier pour presser les doigts noirs hors de la pièce et remettre la porte à sa place. Un tout petit oeil rouge la fixait sans sciller au fond du nuage vert sombre. Ils la regardaient toujours.

Pliant doucement le cou, les mains de part et d'autre du seuil, Caerta vit une vingtaine de masques posés sur le sol à quelques centimètres de distance les uns des autres. Fixes. Inertes. Dangereux. Des masques ne couvrant que les yeux et le nez.

Ils étaient rentrés.

Avec une lenteur graduelle, un pan du toit s'émietta comme un gâteau, glissa longuement dans le vide jusqu'à devenir poussière. Les murs se ramollirent, gorgés comme des éponges. Seule tenait encore la porte.

Maerlane leva sa tête vers la poignée, tendit la main et se prépara à fuir dans la nuit en appelant ses parents à l'aide. Le sol, à l'extérieur, était constellé de masques espacés. Ses cordes vocales vibraient à en faire mal, en silence.


Giddwyn la tira brusquement en avant dans l'obscurité. Le reflet métallique de ses gantelets luisit comme un éclair autour de son cou. Figée en terre, les épaules recroquevillées et agitées de soubresauts, le visage fermé de la petite fille paraissait fournir un effort surhumain pour maintenir ses lèvres pincées l'une contre l'autre. L'étreinte pesante du jeune nain s'accentua. Il murmurait. « Par la Lumière. Par la barbe de Wildhammer. Par tous les culs de Crins-de-Givre. » Les soies dorées de ses joues taquinaient les oreilles de la gamine, ses épaulettes glacées s'imprimaient dans la peau blanche de sa joue. Maerlane balança ses bras emprisonnés. Se ravisa. Recommença. Ses poings tapèrent sous les aisselles de Giddwyn, là où l'armure s'ouvrait, pétrissant quelques plis de la tunique. Les crispations nerveuses des doigts prolongeaient ses tremblements.

- « J'ai... Tu sais... j'ai pas eu peur... J'ai... pas pleuré... », hoqueta-t-elle du mieux qu'elle pouvait.
- « Je sais, ma p'tite prune. Mais foutrebrunes, t'aurais dû avoir peur et t'enfuir ! » Les doigts d'acier s'enfonçaient dans son dos, indifférents à la plaie.
- « Mais... pourquoi ? Hic. Pourquoi ils... hic... m'aiment pas ? » Son front s'affaissa pour peser sur la mâchoire de Giddwyn. « On est... hic... pareils.» Elle éclata en sanglots et en morve, les nerfs à vifs. « Pourquoi on peut pas se comprendre sans se taper, Giddy ? »

Giddwyn grogna.
- « Y a rien à comprendre dans la guerre, p'tite prune. C'est d'la haine, d'la peur, d'la survie. Ce sont des prisonniers.
- C'est pas normal... Hic. On devrait tous avoir notre place, sans, sans faire de mal inutilement. C'est pas juste », bégaya-t-elle hagarde, avant de le repousser doucement.

***
Les yeux mouillés de larmes, Caerta entr'ouvrit les paupières, incrédule, sans changer de position. Les effets du mauvais rêve se dévidaient au fil des battements de cils. Elle posa les doigts sur son flanc gauche, à la base du sein, en coulissant un regard vers la porte.
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Léati Tayra

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Ven 8 Juil - 9:57

Léati poussa la porte et sursauta. Weneth se retourna, l'air surpris, son bras enrouler autour de la taille d'une jeune femme, qui gloussa en regardant la guerrière.
La demi elfe écarquilla les yeux, ouvrant un peu la bouche, avant de se mètre a bafouiller ;

- Qu'est que...Weneth ?

L'homme resserra ses bras autour de la femme, son élégante robe bleu dessinant des formes généreuse, il l'embrassa et répondit ;

- C'est ma femme. Je respecte mes engagements, Léati. Vous devriez faire de même.

La guerrière ne s'attarda pas plus longtemps à les regarder, claquant la porte derrière elle furieusement. Elle se retrouva dans un des couloirs à l'intérieur du fort, ou plusieurs soldats semblaient s'agiter, armes en main. Elle passa son bras dans la sangle de son rempart, courant derrière eux.
Elle arriva nez à nez avec le Capitaine Klenval, qui lui fronçait les sourcils, les bras croisé. Léati inclina la tête.

- Je suis désolée du retard Capi..

Il leva une main et coupa ;

- On ne peut finalement pas faire confiance a des gens comme vous, vous ne valez guère mieux qu'un Mercenaire. Nous avons décidé de nous passez de votre bouclier.

Sur ces mots il se retourna, suivi de plusieurs soldats et du reste de la Compagnie, qui de daigna pas lui jeter un regard.
Les regardant s'éloigner en serrant nerveusement les poings, l'ombre gigantesque d'Alzarion vînt se poser à coter d'elle. Sa voix déformée et caverneuse lui souffla ;

- Fait le.

Elle arqua un sourcil et se tourna vers le dragon qui fixait droit devant lui.

- Faire quoi ?

- C'est fait.

Elle fronça les sourcils quand elle suivi son regard, elle n'était plus devant le fort. Le sol était de braise, des volcans crachait de la lave en fusion, des arbres semblaient bruler sans pour autant se consumer. Elle avança lentement dans le décors qui lui semblait familier, suivie par l'ombre. Un cailloux roula vers elle et buta sur son pied. Elle baissa les yeux dessus, et sursauta, poussant un cri d'horreur.
La tête de Weneth, tranché net, la fixer de ses yeux vides. Elle recula d'un pas et buta de nouveau contre un obstacle, la faisant basculer en arrière. Elle poussa de nouveau un cri, en voyant le corps de Caerta, mutilé par de large coup précis.
Regardant autour d'elle, une marée de corps et de sang avait soudainement apparut. Des gens qu'elle connaissait. Ils étaient des amis, des alliés, des compagnons d'arme...
Alzarion s'assit face à elle.
Son corps tremblant, elle arracha son heaume et le jeta rageusement. Elle essaya de se relever, mais le sang sous ses bottes la fit tomber une nouvelle fois.

- Qu'est que tu as fait ! Tu les a tué !

Le dragon répondit d'un air calme.

- C'est toi.

Il désigna d'une griffe, sa grande épée plantée dans le corps de Naeryan, à quelques mètres d'elle. Sa gueule s'ouvrit et se referma sur la guerrière.

*************************************

Léati sursauta et frappa du poing sur son lit de rage. Elle plissa les yeux et se leva, sortant du fort.












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Klenval
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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Sam 9 Juil - 3:08

Klenval triturait son holovox mais les gemmes restaient éteintes malgré ses multiples essais. Les membres de la Compagnie étaient injoignables. Kaernox et Edrea étaient retournés sur Draenor, et il était sans nouvelles de Towann, Telani et Thraden. Caerta entra dans la pièce, chargée de dossiers qu'elle posa sur le bureau du capitaine. Son cœur s'emballa un peu à la vue de la jeune femme, et il lui offrit un sourire.

- Vous voilà, Caerta ! Je me demandais...
- Je vous laisse les dossiers ici.

Klenval fut surpris par l'interruption de l'intendante. Elle ne lui lança même pas un regard, se contentant de fixer la pile de papier.

- Léati et Naeryan ont décidé de quitter la Compagnie. Moi même je retourne sur Hurlevent, j'ai trouvé un poste de fonctionnaire où je ne serai pas forcée d'être au front. Je ne suis pas une combattante, vous savez. Capitaine.

Caerta lança ce mot avec mépris, loin de la touche de dérision habituelle. Klenval sentit son cœur se figer à ces mots, par la froideur de l'intendante comme par les nouvelles qu'elle annonçait. Il prit le première dossier et commença à le parcourir des yeux – sans qu'il le remarque, Caerta s'était effacée du décor. Les chiffes défilaient, et ils totalisaient une somme négative en bas de page. Il lut à nouveau, les chiffres avaient changé, mais la somme était toujours négative. Il ne comprenait pas comment le budget pouvait être négatif.

Il tourna la page, et le courrier qu'il lut lui mit un nouveau coup au cœur. Puisque toute la Compagnie avait quitté la 7ème Légion, le projet était annulé, et Klenval était démis de ses fonctions de Chevalier-Capitaine et d'Instructeur.


Klenval ouvrit les yeux. Il se réveilla doucement, l'humeur maussade après ce rêve désagréable. Grimferon ronflait dans la pièce. Le Capitaine se leva, sachant qu'il ne se rendormirait pas de sitôt.
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Grimferson

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Sam 9 Juil - 5:33

Le nain ouvrit les yeux avec toute l'immédiateté d'un individu surpris dans son sommeil. Bercé par le silence ronronnant de cette obscurité inhabituelle, son regard n'était guidé que par le feu crépitant de son cigare, éternel vestige de son passé de pilote.

De pilote.

Il se sentait comme dans son tank à vapeur, enfoncé dans le cuir moelleux de son siège, flottant et remuant au rythme des tirs de tourelle. A cet instant, il ne trouva pas particulièrement étrange -sans doute était-ce parce qu'il fumait sous l'eau- qu'un curieux poisson vint se dandiner sous son nez, et dont la magnifique parure se révéla être ni plus ni moins qu'une barbe sans fin et un chapeau de sorcier.

Diablerie magique, tout de même. Grimferson tourna la tête de son habituelle gestuelle analytique, l'oeil plissé à la recherche d'un quelconque repaire géographique. Comme il ne voyait pas plus loin que le bout de son cigare, il se mit à pester dans une langue qu'il ne comprenait pas et outrepassa cette nouvelle étrangeté. Il souffla par le nez des bulles pleines de mithril foudu, s'interrogeant un instant sur la qualité de son tabac, et finit par remarquer son compagnon, savant des fonds marins.

- Par Vanndar, quelle tempête, au-dehors. Nous sommes à l'abris, n'est-ce pas ?

- Pour quelques temps, lui répondit calmement le poisson.

- Il fait nuit, mais j'vois pas les étoiles. Tu veux bien me passer de quoi m'éclairer un peu ?

L'étrange magicien laissa échapper un rire rocailleux et bienveillant et se mit à luir de mille flocons d'argent tandis que la flore environnante, composées de champignons géants cultivés par d'étranges machineries d'airain l'accompagnèrent dans son illumination. Bientôt, Grimferson se retrouva baigné dans les profondeurs bleutées d'un fond marin à peine compréhensible. Il s'en remit de nouveau à son acolyte.

- C'est donc là qu'tu habites ?

- J'ai pas vraiment d'chez moi. C'est toi qui a choisi de venir ici.

Le nain se renfrogna.

- Si c'est une plaisanterie, elle est vraiment d'mauvais goût. D'abord, ton chapeau est ridicule.

- Mais tu dois admettre qu'ma barbe est impeccable, l'ami ! J'en dirai pas autant d'la tienne. Où sont passés toutes ces parures d'or et ces tresses ? Aurais-tu abandonné ta magnificience en même temps que...tout le reste ?

Grimferson grogna de rage et s'employa à nager jusqu'à la surface, qu'il n'eut jamais l'occasion d'atteindre.

__

Le nain glissa une clé usée dans la serrure de l'unique tiroir de son coffre de voyage. Plongeant une main façonnée par les âges dans les méandres de cette cachette de fortune, il en tira la vieille insigne du clan Stormpike. En compagnie de son talisman, il attendrait l'aube, posté sur les remparts du fort.
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Caerta

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Sam 9 Juil - 13:24

- « C'pourrait être mon premier aussi, hein. T'es mignonne d'imaginer des choses. » Le nain rit à gorge déployée en la décoiffant. Presque gagné. Presque.

- « Ce n'est pas grave », contra Maerlane. « Je préfère que ce soit toi et pas Geram par exemple. » Elle avançait ses pions. Dire que Giddwyn n'aimait pas Geram était une affirmation d'une exquise courtoisie. C'était la personnification même de l'imbécile adolescent qui la reluquait avec un sourire de gnoll en rut.

- " Je n'veux pas te blesser, p'tite prune. Qui m'dit que ça n'va pas rallumer les choses dans ta tête d'enclume ? " Il croisa les bras, sourcils rapprochés, le journal glissant contre l'accoudoir.

- « Écoute, Giddy. » Elle posa les doigts sur son bras accoudé crispé, inspirant lentement. « Je sais à quoi tu penses. Je pense toujours ce que j'ai dit la semaine dernière. C'est une façon pour moi d'avancer. Je te le demande parce que tu es mon ami le plus cher, celui qui me connait le mieux, en qui j'ai entièrement confiance et pour qui je donnerais ma vie. " Le nain restait silencieux. Maerlane avait déclaré solennellement, le jour de ses quatorze ans, qu'elle en avait fini avec sa « passion de jeunesse » unilatérale pour son ami et annoncé qu'elle réglerait (avec sa masse d'entraînement) le compte de quiconque la mentionnerait encore comme « la p'tite femme à Giddy ». Elle avait fait un exemple relativement dissuasif. Ses quatorze ans avaient à peine cinq jours au compteur qu'elle semblait remettre le couvert. " Considère ça comme mon cadeau pour mes quatorze ans. A la place des jambonneaux que tu m'as offerts. "

Giddwyn grommela, excédé.

- " Tu n'iras pas l'caqueter partout comme une poule d'élevage ?

- Non.

- Ni à Phoebe ni aux autres ?

- … non. Je promets. » Il appuya son regard, le nez tordu. « Je promets !

- Si j'apprends qu'tu t'en vantes, j'te colle une dérouillée cul nu sur la place des banquiers à l'heure de fermeture. » Un éclat de rire illumina le visage de la jeune fille.

- « Oui.

- Et tu d'vras réciter le Tome de l'Aube en même temps. » Là, c'était moins amusant.

- « Tu bluffes.

- Toi qui vois, p'tite prune. » Giddy bluffait à qui mieux mieux et s'arrangeait pour mettre ses menaces à exécution de temps en temps. Il était donc prudent de le prendre au sérieux. Maerlane acquiesça, déterminée.

Il lui cueillit la joue, pas très assuré, et pencha ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser doucement. « Là, t'es contente ?

- J'ai pas tout senti », piailla-t-elle. D'une traction des genoux, les mains agrippées à l'accoudoir, elle se redressa et prolongea le baiser. L'apprentie paladine fit une pirouette et se précipita vers la porte. « Merci, Giddy. Rendez-vous demain devant la banque !

- FOUTREBRUNES ! » Elle évita le journal qu'il lui avait jeté et disparut en riant sous ses imprécations.

Son cœur battait la chamade.

Elle avait besoin de pleurer seule.

***
Caerta se retourna, enroulée dans les draps, un pied à l'air.
***

- " Si j'apprends qu'tu t'en vantes, j'te colle une dérouillée cul nu sur la place des banquiers à l'heure de fermeture. » Un éclat de rire illumina le visage de la jeune fille.

- « Oui.

- Et tu d'vras réciter le Tome de l'Aube en même temps. » Là, c'était moins amusant.

- « Tu bluffes.

- Toi qui vois, p'tite prune. » Giddy bluffait à qui mieux mieux et s'arrangeait pour mettre ses menaces à exécution de temps en temps. Il était donc prudent de le prendre au sérieux. Elle avait déjà vu cette scène.

Il lui cueillit la joue, pas très assuré, et pencha ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser doucement. « Là, t'es contente ?

- J'ai pas tout senti », pinailla-t-elle. D'une traction des genoux, les mains agrippées à l'accoudoir, elle se redressa et prolongea le baiser. En reculant le visage, elle vit Giddwyn sourire. Un sourire large, en demi-lune floue, qui s'agrandissait. En tranche de pastèque, les commissures remontées sous les oreilles. Sa bouche ne pouvait pas exister ainsi. Elle bondit en arrière, consciente de l'anormalité, des fourmis dans le ventre.

- " Tu t'en occuperas à ma place. "

Meara berçait une boule de tissu ronde et compacte qu'elle venait de ramasser à la surface du sol, sur les vaguelettes. Caerta ouvrit la bouche, ahurie.

- " Il faut le sortir de temps en temps, sinon il meurt ", expliqua la naine. Elle replaça le nourrisson dans son ventre. Caerta lança un regard anxieux à Giddwyn, qui leur tournait le dos, tout à la lecture du journal sur son fauteuil de bois gravé de runes. Sa bouche remontait sous ses oreilles et emplissait la moitié de son visage d'un profil figé effrayant. Le même rictus sinistre défigurait les traits volontaires de Meara.

Ce n'était pas Giddwyn. Ce n'était pas Meara. Elle ne les reconnaissait pas. Ce n'était pas eux. La panique afflua avec une lente constance dans son ventre. Ce n'était pas eux. Giddwyn ne bougeait pas d'un pouce. Les flammes éclairaient ses pupilles, dirigées derrière son épaule sur Caerta.

Un pas en arrière. Caerta étouffa un sanglot craintif en ramenant les bras contre sa poitrine. La peine la déchirait en deux. Ce n'était pas eux. Leur seule présence immobile était monstrueuse. Les ombres flottaient depuis le plafond en se rapprochant.

Meara ressortit la boule de tissu sanglante de son ventre et la plongea simplement dans celui de Caerta. La jeune femme couina comme un animal blessé, les paupières violemment closes pour rejeter la vision. Mais une minuscule jambe veineuse commençait déjà à pousser sur son mollet. Ils avaient l'air heureux dans leur méchante immobilité.

***
Le matelas craqua lorsque Caerta s'assit soudainement, la bouche grande ouverte. Nauséeuse, elle mit quelques secondes à se dire qu'il s'agissait d'un cauchemar. Le voile d'angoisse l'imprégnait toujours. Ses yeux cherchèrent une silhouette amie, une mince lueur. Elle avait peur de s'allonger, mais elle redoutait de sortir du lit. Elle se recroquevilla, honteuse. Elle était monstrueuse. Meara s'était remise de l'attaque des Orcs et ne risquait plus de fausse couche, et malgré tout elle... Avalant sa salive, Caerta se dit que le jour se lèverait dans peu de temps. Pas besoin de se rendormir.
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Léati Tayra

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 10 Juil - 1:18

Léati regardait en contre bas. La mer semblait agitée, d'énorme vague venaient s'écraser contre les roches au pieds de la tour de garde du fort. Le vent lui fouettait le visage et la pousser légèrement en avant, de plus en plus. Un petit point brillait sur un des rochers attira son attention. Elle se pencha un peu plus pour regarder, quand le vent souffla plus fort encore, elle bascula en avant dans le vide. Elle heurta violemment un sol fait de dalles de pierre plates. Il était recouvert de liquide verdâtre et gluant.
Levant le nez, elle aperçut le reste de la Compagnie à quelques mètre devant elle, en difficultés face à une marée de mort vivant. Se hâtant pour se remettre sur pied, elle reconnu Lune Argent, à feu et a sang. Ses pieds avaient du mal à la porter, ses jambes lourde, trop lourde pour faire le moindre pas. Elle fit une autre tentative pour les rejoindre, et une autre, encore une autre...
L'ombre d'Alzarion vînt s'asseoir à coter d'elle calmement. Il approcha sa tête et elle remarqua la parure qu'il abordait sur son front avec horreur.

- C'est ce que tu cherchais.

Elle se mis a ramper vers ses compagnons, usant de toute ses forces. Déjà le corps du chaman, Kaërnox, gisait sur le sol, entourer de goules avide de gouter à sa chair. Le reste de la Compagnie continuait tant bien que mal a tenir contre les attaques, la horde de mort vivant se faisant de plus en plus agressive.
Alzarion pressa son énorme patte contre la tête de la guerrière, qui avait a peine gagné quelques centimètres en se trainant sur le sol humide. Les griffes s'enfoncèrent dans sa chair. Elle regarda la Compagnie tomber, un à un, impuissante.
Le dragon ne relâcha pas plus sa prise pendant que les corps de ses compagnons servais de repas aux créatures de chairs pourries.
Elle aperçut la silhouette d'une Quel'dorei aux cheveux roux, flamboyant passer à coter d'elle et chuchoter ;

- Tu n'as rien fait pour eux...

Alzarion fit progressivement basculer son poids sur sa proie, jusqu'à qu'elle se brise.
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Klenval
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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 10 Juil - 2:23

Puisque la Compagnie n'existait plus, qu'à cela ne tienne, il affronterait le Marteau du Crépuscule seul. Le décor changea. Sa fidèle championne en vrai-argent en main, il faisait face aux élémentaires et aux cultistes. Pourtant, quelque chose n'allait pas. Il ne retrouvait pas la fluidité et la puissance qu'il avait lorsqu'il affrontait les hordes de morts-vivants, lorsque la Lumière brûlait en lui, lorsque chaque coup libérait les âmes de leur joug. Ici, ses mouvements étaient plus lents, chaque coup avait bien moins d'effet, et les ennemis était toujours plus nombreux.

Puis sa lame se brisa sur la carapace d'un élémentaire. Désespéré, il fit face et eu le réflexe d'invoquer Quel'Leria, sa lame prismatique. Ses ennemis l'observaient s'agiter en vain, l'arme des dragons n'apparaissait pas. Klenval commençait à paniquer. Il fit appel à la Lumière, la seule arme qu'il lui restait. Mais alors même qu'il prononçait quelques paroles, le doute s’insinua en lui. Il se battait depuis si longtemps, n'avait-il pas le droit au repos ? Il souhaitait protéger le autres, mais qui ? Que lui restait-il à protéger ? S'il ne s'était pas autant battu, peut-être aurait-il profité de sa vie avec Laureena, peut-être même aurait-il pu fuir avec elle, au lieu de la laisser mourir ?

Le cœur lourd de sentiments amers, il tenta de retourner sa haine et sa rancœur contre ses ennemis. Mais la Lumière à son tour refusait de lui répondre. Le ciel lui même semblaient le dévisager, et au centre des nuages tourbillonnants se trouvait un œil qui lui lançait un regard moqueur.
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Telani d'Argus

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 10 Juil - 3:27

Elle prit une inspiration vorace, engloutissant d'un même coup toutes les fragrances de l'air vicié qui circulait autour d'elle, odeurs de charniers, de brasiers, et plus agréable que tout, de la felmagie qui envahissait l'atmosphère telle une infecte nappe d'huile aux relents de fer porté au blanc. Tout était à sa portée. Et elle voulait tout. Absolument tout ce que cet univers misérable pourrait lui offrir...

Les circonvolutions du Néant Distordu lançaient de sinistres lueurs dans le ciel ravagé, changeant au gré d'une danse cosmique dont la mesure tout à fait aléatoire formait l'essence même du chaos sous sa forme la plus pure. Vert maladif, pourpre malsain, orange rougeoyant, toutes ces couleurs venaient flatter son sens pervers de l'esthétique alors qu'elle appréciait le panorama dantesque offert par les rangées de spires noires aux angles agressifs et aux pointes acérées qui se découpaient au devant de ce kaléidoscope céleste.

Les bâtiments gigantesques, jadis pinacles de sagesse, de lumière et de connaissance absolue, n'étaient à présent plus que de monumentaux bastions d'acier corrompu dardant leurs épines vers le ciel tourmenté, leurs sommets illuminés de fanaux de flammes verdâtres éclairant les avenues inquiétantes et les forges immenses qui s'étendaient jusqu'à l'horizon. Partout résonnaient le son des marteaux s'abattant sur le métal, des bouffées de gangreflamme s'élevant dans les airs, des gémissements de millions d'esclaves et démons mineurs trimant sans fin sous les cruels coups de fouet de leur contremaitres. Une douce musique à ses oreilles, plus captivante et exaltante que la plus magistrale des symphonies jamais composée à travers le cosmos. Argus vibrait. Argus grouillait.
Argus, forteresse éternelle de la Légion Ardente, siège de son trône.

Abaissant les yeux, elle rencontra le regard que lui renvoyait son propre reflet depuis la surface polie du miroir d'obsidienne que supportaient les deux eredars qui lui tenaient lieu de servantes. Sa peau parfaite avait la teinte riche et profonde d'un hématome frais. Ses cornes, s'étendant en de sinueuses courbes spiralées, retenaient la noble crinière d'un noir de nuit qui cascadait sur ses épaules, dont les tresses ornées de lames délicates venaient nicher au creux de sa glorieuse poitrine enchâssée dans un plastron rehaussé de crânes ricanant. Elle s'attarda quelques instants sur l'éclat de ses yeux d'un vert radiant, nimbés de flammes.

Un simple hochement de tête accompagné d'un léger sourire cruel congédia les deux jumelles, lesquelles vinrent ramasser la traîne d'un noir translucide de leur maîtresse pour l'accompagner alors qu'elle quittait le balcon tourmenté auquel elle se trouvait appuyée.
Telani entra dans la grande salle de cour qui se trouvait derrière elle, dépassant de par sa stature de quelques dizaines de mètre ses servantes amoindries alors qu'elle évoluait avec une grâce consommée vers l'estrade d'airain qui supportait les deux trônes de gangrefer. Elle adressa un ricanement à l'adresse de son prisonnier de marque qui se tenait accroupi dans une cage aux barreaux garnis de barbelés lorsqu'elle passa à son niveau. Le prophète Velen, revêtu de haillons, griffait ses orbites en gémissant des propos incohérents. Elle lui avait arraché les yeux au terme d'une séance de torture particulièrement délectable, chose que son Aimé avait trouvé tout à fait appropriée et délicieusement ironique. Un prophète incapable de voir, quelle farce !

Elle se présenta devant son sombre amour, et prit place sur le trône à ses côtés. Le torse puissant de son compagnon s'emplissait alors qu'il exultait à la vue du carnage se déroulant sous ses yeux. Kil'jaeden, auréolé de son infernale majesté, accepta la main que lui tendait sa compagne, venant y frotter sa joue épineuse. Sa voix résonna comme le tonnerre dans le hall antique, s'insinuant jusque dans les tréfonds de l'âme de Telani, la gorgeant d'une intense sensation de plaisir et de satisfaction, causant la peur de tous les immondes créatures qui grouillaient devant leurs sabots aiguisés. D'un geste il lui désigna la projection qui se jouait sous ses yeux, écho holographique des évènements qui se déroulaient sur un monde lointain perdu au fin fond du cosmos.

« - VOIS, MON ADORÉE . L'OEUVRE DE LA LÉGION S'ACCOMPLIT ENFIN ! LES DERNIERS RESTES DE CETTE PATHÉTIQUE CROISADE DE LA LUMIÈRE LUTTENT FUTILEMENT ALORS QUE NOS COHORTES LES ÉCRASENT ! DÈS À PRÉSENT, NOUS RÈGNONS EN MAÎTRES SUPRÊMES SUR L'UNIVERS TOUT ENTIER ! »

Telani lui offrit son plus gracieux sourire, venant se lover contre lui en mouvant à la façon d'un serpent. L'enserrant de son bras rougeâtre, l'archidémon vint humer l'aura de puissance qui exhalait de sa maîtresse. L'image vacillante projetée par un piédestal devant eux figurait un paysage neigeux où un par un, les soldats draeneis et d'autres races se faisaient engloutir sous les hordes de mo'arg et les meutes d'Annihilans. Finalement ne demeura plus qu'un unique Naaru flottant au milieu des bataillons de démons, les tenant en respect d'un bouclier de Lumière pure....
Un immense démon en lequel Telani pensa reconnaître Azgalor finit cependant par percer la barrière, précédant ses frères pour la curée. La créature divine succomba sous une avalanche de lames tordues, de crocs, de griffes et de vagues de magie démoniaque, s'éteignant après quelques clignotements d'agonie. Cette vision éveilla au fond de son âme noire un sentiment d'ivresse et de victoire impie insurmontables.
Désormais plus rien ne s'opposait à eux. L'univers était à sa libre portée, disponible selon son bon plaisir, il lui suffirait de tendre sa main griffue pour ce faire. Toute cette magie, toutes ces énergies, elles pourrait s'en gorger.
Renversant la tête en arrière, elle laissa échapper un rire froid jusqu'aux voûtes plongées dans les ténèbres du palais de Mac'aree. Elle était toute puissante. Des millions de démons accomplissaient ses volontés. Elle rayonnait de pouvoir, il la baignait jusqu'aux tréfonds de son être. Elle était une véritable Déesse...


Ouvrant les yeux, la draenei s'éveilla en sursaut, une main sur le cœur. Rassemblant ses pensées, elle referma les yeux pour chasser de ses esprits les restes de ce songe atroce. Elle n'avait pas fait de tel cauchemar depuis bientôt plusieurs années. S'asseyant en tailleur au milieu de ses draps défaits, elle ajusta son esprit sous la rigueur de la méditation.
Silencieusement, elle adressa une humble prière à la Lumière.
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Grimferson

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 10 Juil - 4:56

Grimferson tambourinait le flanc harnaché d'un énorme ours blanc à grands coups de clé à molette. Les pieds solidement ancrés dans une neige aveuglante, sa stature reflétait tout l'agacement dont il faisait preuve dans des élans presque comiques. L'ours finit par se coucher sur le tapis immaculé, faisant cliqueter tout l'attirail qu'il portait sur le dos : des pelles, des pioches, un marteau de guerre, des sacs remplis de cartes et un tonnelet de Thunderbrew. Le nain frappa de plus bel et l'animal découvrit quelques crocs ruisselant de sarcasmes.

- Vous vous foutez d'moi, hein ? J'ai fait une révision complète de la babasse hier soir, alors expliquez-moi pourquoi ça tourne pas ! Hein ? Tu remets en cause mes compétences, fils d'orc ?! J'ai réparé plus de chars et forger plus d'armes que t'as d'poils dans ta barbe !

- Tu parles tout seul, tu sais.

Le prospecteur tourna la tête vers l'ursidé en agitant sa clé dans le vide, en direction d'un interlocuteur effectivement absent. L'animal avait parlé d'une voix grondante, nimbée d'un réconfort où couve la violence de l'être vaillant que l'on met en colère. Il était vraiment imposant, en réalité. Son regard était gris, transpercé de la sagesse du guerrier qui en a vu. Barré d'une balafre héroïque, son museau ornait avec finesse une mâchoire qui aurait broyé des montagnes, source d'une cascade de long poils blancs tressés qui lui faisaient le plus noble des colliers.

- Bah !, lacha enfin le nain en jetant son outil vers des ouvriers invisibles.

L'ours leva fort humainement les yeux au ciel tandis que la clé à molette s'enfonçait de tout son poids dans la poudre étincelante.

Grimferson pesta dans sa langue et alla s'asseoir sur un rocher. Il admira les montagnes et les vallons, les pics enneigés et au loin, les silhouettes architecturales d'un lointain passé. Comme ses yeux se plissaient sous l'effort de la méditation, il se mit à neiger sur le toit du monde.

- Il existe diverses façons de résoudre un problème, jeune Stormpike, finit par lui dire son compagnon. Et parmi elles ne se trouve pas "glander sur un rocher".

Le nain tourna la tête vers l'ours en lui adressant un regard dépourvu de toute colère, et l'ours le soutint. Son large cou se hissa légèrement sur ses épaules et sa silhouette s'effaça, ne laissant derrière lui qu'un harnais à-demi enseveli en guise de pierre tombale.

Et alors, un cri puissant fendit la tempête.

__

Grimferson se réveilla en sursaut et manqua de basculer de son tabouret. Il s'était endormi sur son plan de travail. Cela n'était jamais arrivé encore. Avec une crainte mêlée de colère et les dents légèrement serrées, il jeta un regard à son carnet débordant de notes autour d'une double page ouverte sur le croquis d'une statuette naga.
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Thraden

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 10 Juil - 11:10

« Tenez la ligne !!! Tenez la li… argh… »

L’homme tomba sous les coups des goules et autres abominations du fléau. Thraden observa les vagues du fléau s’écraser sur les remparts de la ville. Luttant avec ces frères paladins, ils durent défendre ce lieu jusqu'à l’arrivé des renforts. Les habitants contaminés commencèrent à se transformer en goule à la tombé de la nuit…

« Bon sang… » Grogna Thraden.

Il n’eut pas le choix et dut abattre les habitants fraichement transformé en créature du fléau. Un des gardes de la ville qui accompagna Thraden lui demanda :

- Messire, les renforts auraient du être là depuis longtemps… Nous ne tiendrons plus longtemps, que faire ?

- Calmez-vous, ils vont arriver ! Ils ont peut être du rencontrer des morts-vivant sur leur chemins…

- Nous sommes perdu alors, il faut fuir et abandonner cette ville ! Ces habitants sont finit, ils ont tous gouté aux maudit grains du fléau et… *la tête de l’homme quitta son corps*

- Par la lumière ! Maudite Gou…

Thraden surpris recula d’un pas et décapita la goule hurlante. Il se retourna immédiatement et observa la ville en feu, ces frères se faisant dévorés par les habitants corrompu par le fléau, les maisons s’effondrant continuèrent de bruler et desséchèrent la terre pourrissante.

- C’est impossible ! La ville… Comment en quelques secondes…

Thraden descendit du rempart qui s’écroula après lui. Encerclé par les flammes et les goules enragées, le paladin armé de son bouclier et de son épée récita quelques prières… La horde de mort pourrissante et brulante se rapprochèrent de lui.
Il hurla de toute ces forces « Pour Lordaeron ! » et fut assailli par les goules et les flammes…

***

Thraden se réveilla brusquement et tomba du lit, il se releva difficilement et se posa sur le bord de son lit.

- Stupide rêve, je n’aurais pas du manger ce sanglier avant d’aller dormir…
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Caerta

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Lun 11 Juil - 8:00

La semaine précédant l'affectation aux Hautes-Terres lui avait permis d'aller voir ses parents dans la région de Thelsamar. Cette fois-ci, elle avait finalement osé pousser jusqu'aux marres stagnantes du Loch. Le lac crevé représentait une douloureuse vision, dont émanait un relent vicié de marée. Mais des clans réduits de Murlocs dominaient quelques buttes, quelques flaques de bourbe, et leur simple présence poisseuse avait fini par devenir rassurante. La vie existait encore.

En crapahutant dans les tenues les moins appropriées pour l'aventure, ils avaient même découvert des poissons. Les épines malsaines de la citadelle les contemplaient au travers de la brume frontalière, spéculant patiemment depuis l'horizon sur le territoire.

- " J'ai besoin de vous, Caerta. Pas seulement comme intendante. "

Mal à l'aise, elle fuyait son regard. Le gantelet glacé emprisonnait sa main dans un élan de détermination. Elle n'était pas une combattante du front. Si elle pouvait en acquérir les capacités, elle n'en avait guère la force morale, c'était trop attendre d'elle. Le Capitaine ne lâcha ses doigts qu'au bout d'une trentaine de respirations, sans la quitter des yeux.

- " Pensez à vos parents. Ils sont à quelques coups d'ailes de leur repère. Pensez à ceux que vous souhaitez protéger. A vos raisons de vous battre. "

Le ciel alternait un cycle de carmin obscène et de grisaille fraiche. Au zénith, Aile-de-Mort mordait l'air en cercle, liquéfiant les nuages en coulées orangées et aspirant des filaments d'espoir. Il tournait sans fin tandis que le toit de la maison de ses parents s'écroulait sous chacun de ses passages enthousiastes. Elle les voyait fuir des décombres en s'appelant mutuellement, incrédules, apeurés.

- " Je ne peux pas les laisser comme ça toute leur vie ", constata avec logique Caerta.

Souriante, elle tendit un caramel à Klenval tandis qu'ils faisaient leurs premiers pas sur les dalles du Fort, au sortir du portail. Il l'accepta avec gourmandise.


- " Pourquoi tu n'm'en donnes pas ? "


Giddwyn observait la scène, à demi dissimulé derrière l'un des piliers centraux, le visage dérangeant de fixité. Sa posture exprimait une jalousie attristée.

Bien que ce ne fut pas Giddwyn, Caerta n'éprouvait ni peur, ni surprise. Son regard le traversa avec désintérêt. Elle commença à gravir les deux marches du perron de manière interminable.


Giddwyn sauta aisément sur le dos de Klenval. Le paladin, affaibli, percuta les dalles dans un vacarme bref.

- " J'en veux ! "

Caerta se retourna, luttant contre la lenteur. Le Nain, se façonnant une mine désespérée, bloquait les bras inertes du paladin. Les traits de son visage faisaient songer aux coulées de cire d'une bougie, chaque expression se travaillant péniblement avant de se figer.

- " J'en veux ! " L'angoisse et l'envie cisaillaient sa voix.

Giddwyn croqua dans l'épaule droite de Klenval. L'armure n'offrit aucun obstacle, spongieuse comme une miche de pain frais. L'articulation de l'épaule se s'opposa pas davantage à la mâchoire du Nain. Le paladin hurla.

Assis à califourchon sur le corps immobile, Giddwyn mâchait, les mains de chaque côté du visage. Il pleurait à chaudes larmes. Un sourire extatique illuminait ses traits, il était si heureux.

- " C'est bon. Que c'est bon. C'est bon ", sanglota le Nain en se délectant. Il massa ses joues de satisfaction, puis piocha dans l'épaule ouverte des bouts de chair pour les engloutir au fur et à mesure. Une main à la bouche, une main dans la plaie. Des sanglots. Un sourire exalté. " C'est bon. C'est bon ! "

La chair elle-même, rose et granuleuse, ne saignait pas. Klenval continua de hurler sans pouvoir se défendre, privé de toute force.


***
Elle s'éveilla violemment, le cœur battant à tout rompre, visiblement en train d'invoquer une bénédiction purificatrice. Elle sauta sur ses pieds, se tenant éloignée de sa couche au cas où quelque chose s'y trouverait tapi, et s'approcha du lit de Léati. Vide. Le lit de Naeryan l'était également. Un long moment d'angoisse s'écoula avant de se souvenir que la mage était partie à la Cité Pourpre. Les autres dormeuses faisaient partie du contingent régulier. L'effroi lui serrait la gorge.

Caerta chaussa avec désordre ses souliers de ville puis s'engouffra dans le couloir sombre. C'était ridicule. Elle se sentait comme une enfant tétanisée par un mauvais rêve. Elle s'était juré de ne plus dévoiler à Léati ses moments d'angoisse profonde, mais l'impact du rêve était trop important. Le filtre de la nuit déformait ses perceptions, Léati était introuvable. L'intendante s'arrêta devant les quartiers des hommes. Elle fit demi-tour. Arrivée à l'escalier, elle se ravisa. Peut-être que si elle faisait suffisamment de bruit - juste un peu -, sa présence serait remarquée ?

Caerta s'éloigna dans un soupir. Elle avait honte d'elle-même. Elle réciterait les préceptes de la Lumière jusqu'à ce que son calme revienne.
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Léati Tayra

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Mar 12 Juil - 11:16

L'ombre d'Alzarion planait au dessus de la guerrière lancé au galop sur un cheval lourdement armuré. Les sabots de l'animal claquait sur un sol noir de charbon, créant des étincelles à chaque foulées. De son ton habituel, le dragon lui posa une question ;

- Tu as aimé.

- Fait silence ! Répondit elle en donnant un coup de talons dans les flancs de sa monture.

- Moi j'ai adoré.

Elle galopa longtemps sans atteindre son but, son cheval ne s'essoufflant jamais, traversant des kilomètres de cette terre sèche et brulée, jusqu'à que le décors change brutalement. Un marécage humide et puant, ou aucuns arbres ne semblaient pouvoir empêcher l'Ombre de continuer à voler au dessus de la guerrière.
Le cheval semblait lui avoir du mal à se déplacer sur un terrain si peu stable. Ses pattes commencèrent à s'enfoncer lentement dans le sol. Ses mouvements paniqué n'arrangeant rien. La cavalière se mis debout sur le dos de la bête pour sauter hors du piège boueux.
Elle continua à avancer dans le marécage sans se retourner vers l'animal qui poussait des hennissement paniqué.

Sa vision devenait trouble et ses jambes ne la portaient plus. Quand elle voulu répéter au dragon de se taire quand il poussa un grognement moqueur, aucuns son de sorti de sa bouche. Elle écarquilla les yeux, et recommença, sans succès. En réalité, tout semblait affreusement calme.

Une corde s'enroula autour de son cou et la tira en arrière.
Les visages étaient difformes et floue. Elle en compta trois, peut être quatre. Elle n'aurais pas de mal à se défendre seule contre une poignée de brigands.
Elle s'apprêtait à répliquer à l'attaque, quand soudain, elle se senti vidée de la force qui l'accompagnait habituellement. Elle paniqua, se débattant maladroitement. Maintenue fermement au sol, les hommes commencèrent à arracher les pièces de son armure, comme si l'acier de ses protections était devenue aussi fragile qu'une veille étoffe. Elle cria sans que sa voix ne porte le moindre son.
Alzarion se coucha à coter d'elle nonchalamment. La parure incrusté sur son front se mis a briller, se reflétant dans les yeux brillant de la guerrière.
Les mains se baladèrent sur son corps, sans qu'elle puisse réussir à les repousser...

*Ne trouves pas particulièrement intéressant de détailler la suite, qui peut facilement se deviner.*

Léati enroula ses bras autour de ses jambes, son front plaquer contre ses genoux. Nue, dans la terre humide, quelques insectes s'aventuraient sur ses pieds. Elle lèva le nez, plissant les yeux. Alzarion été sur le dos, les pattes en l'air, comme un animal de compagnie bien heureux. Sa tête a quelques centimètres de la sienne, il semblait lui sourire.

- Merveilleux.

*******************

Léati sursauta, haletante et en sueur. Elle plaqua sa main au dessus de sa poitrine. Plissant un peu les yeux, elle regarda vers la couche de Caerta, hésitante.
Elle fit finalement passer la couverture au dessus de sa tête, essayant d'étouffer ses sanglots dans son oreiller.*
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Caerta

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Mer 13 Juil - 7:31

Elle dormait en se balançant d'un mouvement si léger qu'il n'était pas réellement perceptible. Enfant, elle s'était fréquemment bercée de la sorte pour s'encourager au sommeil : lovée sur le côté gauche, à l'abri sous les couvertures, sa tête ne devait surtout pas dépasser sinon elle aurait été une proie aisée. Une brève impulsion de l'épaule d'avant en arrière lui permettait de s'endormir seule, mécaniquement, après les journées d'étude et d'entraînement loin de sa famille. Ce moyen lui était revenu en mémoire dans la journée, alors qu'elle somnolait sur une pile de feuilles de réaffectation de solde. Avec de la chance, cela la ferait dormir sans rêves. Avant, arrière. Avant, arrière. Avant, arrière. Le drap atténuait les chuintements de la nuit. Avant, arrière. Comme le son des vagues aux pieds du Fort. Avant, arrière.

Quand son centre de gravité se modifia, sa conscience pas tout à fait en sommeil protesta. Ce n'étaient plus ses épaules qui bougeaient, c'était l'axe traversant de la tête aux pied. Le balancement devenait plus vertical qu'horizontal, suffisamment pour lui donner mal au cœur. Elle souleva avec ennui ses paupières.

Ses paupières ne se soulevèrent pas. Le balancement se poursuivait. Caerta savait qu'elle était éveillée. De guerre lasse elle rabattit le drap.

Le drap ne se rabattit pas. Ses bras, pour cause, n'avaient pas bougé. Elle sentait son corps dans le creux du matelas, chaque grain de sa peau au contact des draps beiges, chaque sensation nerveuse intacte. Au travers de ses paupières elle distinguait le bois du lit superposé qui la surmontait, de manière floue. Avant, arrière. Elle était écœurée du bercement. De nouveau dans une obscurité compacte, elle s'imagina se réveiller. Elle voyait ses membres à travers l'étoffe devenue invisible et leur intimait furieusement de bouger, de lui prouver qu'elle était bien éveillée.


Paniquée, Caerta ouvrit les yeux et s'assit sur le lit, tâtant ses avants-bras et ses cuisses. Encore un rêve malsain. Elle sauta sur ses pieds dans le but de confirmer son éveil, par sécurité. Elle était bien réveillée. Léati n'était pas dans son lit, mais elle pouvait la retrouver car elle y avait oublié une mèche de cheveux. Caerta saisit les longs cheveux de sa main gauche et progressa dans la chambre, les suivants comme un fil d'Arianne. Elle dut pousser la porte car ceux-ci se faufilaient en-dessous et continuaient le long du couloir, empruntant l'escalier vers les quartiers communs. Certaines mèches scintillantes dégoulinaient sur les marches, la plupart avaient grimpé sur la rampe et pendaient en arabesques ou pénétraient les rares tableaux accrochés. Heureusement qu'ils étaient dorés, sa vue ne fonctionnait pas.

Les fils capillaires reflétaient le feu des braseros. Mais ils devinrent flous dans l'escalier descendant vers les dortoirs des hommes, elle le voyait à travers ses paupières. Certains s'élançaient vers les murs, singeant des rideaux ou des toiles d'araignée. Il faudrait qu'elle explique à Léati de ne pas faire cela, c'était gênant pour le nettoyage.

Parvenue devant la porte des quartiers des hommes, Caerta hésita. Les cheveux passaient sous la porte. Peut-être que Weneth était là... mais elle aurait été prévenue de son arrivée. L'inquiétude donna des coups de dents dans ses entrailles. Léati était peut-être avec l'un des hommes de la Compagnie. Les battements de son cœur s'accélérèrent, en proie à une peur primaire incontrolable. Elle n'entrerait pas, elle ne voulait pas le voir, c'était au-dessus de ses forces dans ces conditions.

Les cheveux se gorgèrent progressivement de sang poisseux. Il fallait qu'elle retourne à sa chambre rapidement, sinon elle ne pourrait plus distinguer ce qui l'entourait. C'était pénible.

- " Caerta ? "

Léati l'attendait avec anxiété à la porte de leur chambre. Ses yeux se voyaient légèrement, parfois.

- " Je vous attendais pour les pommades. Vous devez mettre les vôtres également. "

Caerta approuva. Il fallait appliquer régulièrement les pommades sur leurs yeux. Les vagues de fournaise d'Aile-de-mort, à son passage au-dessus du Fort, avaient fait fondre leur peau ; certains soldats portaient l'épiderme flasque, d'autres avaient eu moins de chance. La peau, en se liquéfiant, avait coulé sur leurs yeux, leurs oreilles, leur nez, leur bouche, ou entre deux membres, avant de se solidifier avec un degré de transparence plus ou moins variable. On distinguait par exemple le contours des iris de Léati sous la membrane laiteuse, mais il faudrait encore un bon moment avant de pouvoir parvenir à poncer suffisamment pour les en extraire. Elle essora les mèches de cheveux comme une serpillère pour se débarrasser du sang. Naeryan, qui avait voulu s'approcher trop près du dragon, ne pouvait plus communiquer qu'en saignant au travers des murs. C'était trop humide pour les dossiers.

***
Caerta se précipita de toutes ses forces hors de son matelas, donnant involontairement un coup de pied grinçant dans l'armature en bois qui réveillerait peut-être la dormeuse du dessus. Les épaules de Léati tressautèrent. L'intendante frissonnait, à quatre pattes sur le plancher, les yeux écarquillés d'effroi. Elle se mit à chuchoter le prénom de Léati aussi distinctement qu'elle le pouvait. Elle perdait la tête, elle le craignait.
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Naeryan

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Mer 13 Juil - 11:47

Les paupières lourdes, Naeryan refusait de s'endormir. Non seulement elle devait étudier l'artefact mais en plus, elle ne souhaitait pour rien au monde revivre cette scène...

Elle leva les yeux lorsqu'elle entendit un bruit, un lapin avec la tête de Caerta et un lion avec la tête de Klenval venait d'entrer.
-Déjà...se dit Naeryan.
Alors que les deux animaux sortait de la pièce, Naeryan trouva tout naturelle de les suivre. De toute façon, elle savait parfaitement ou ils l'amenaient, après tout, ces murs ne lui étaient-ils pas familiers ? Même ce couloir, elle le connaissait très bien.
Cependant quelque chose clochait, plus elle avançait, plus la mage eu le sentiment qu'elle devrait faire demi-tour, et puis tant pis pour les apprentis mages envoyés par Klenval et Caerta. Malgré tout, elle ne put s'arrêter et ses yeux s'écarquillèrent quand elle pénétra dans la pièce qu'elle redoutait par dessus toute.

Encore une fois, elle allait revivre cette maudite scène... Rien ne lui serait épargné, aucun détail, aucun son. Elle voulu tourner les talons, mais les deux bestioles l'en empêchèrent, au contraire ils la trainaient au centre de la pièce..

-Non, ce n'est pas comme ça... Je sais ce qui va se passer...Ce n'est pas comme ça ! murmura-t'elle.

Elle jeta un coup d’œil aux créatures et constata, horrifiée que leurs visages étaient déformés par un sourire jusqu'aux oreilles, leurs yeux aussi étaient étirés.

Elle se rapprochait du point central du cauchemard qui l'a hantée depuis des années, mais cette fois, elle allait en être l'actrice.
Glissant un oeil vers la femme allongée au centre, Naeryan ne put retenir ses larmes et lorsque celle-çi ouvrit la bouche, prête à murmurer les seuls mots qui permirent à Naeryan de rester en vie qu'elle connaissait si bien, à la place de ses mots, se fut un flot de sang et de tripes qui sortirent de la bouche de sa mère.

************************************************************************************************************************************************

Hurlant à pleins poumons, Naeryan se réveilla en sursaut. Haletante, elle ne parvenait pas à reprendre sa respiration.
Elle chercha Leati et Caerta du regard, rapidement, puis se souvint qu'elle était à Dalaran. Lâchant un soupire, elle baissa la tête, écrasant quelques larmes de désespoir. Ce qu'elle aurait aimé voir du monde, les grimaces de Caerta ou les mimiques gênées de Leati. Elle pourrait rentrer aux Haute-terres...juste pour ce soir. Un regard sur l'artefact la ravisa, elle ne devait pas les décevoir.
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Klenval
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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 17 Juil - 6:40

Les rayons de soleil filtraient à travers les rideaux et dehors, les cloches sonnaient pour le retour du Prince Arthas. Klenval lisait paisiblement, plus loin, Laureena chantonnait un air du folklore de Lordaeron.

Le paladin tourna une page racornie et abimée – la peau humaine ne faisait décidément pas un matériau idéal. Il se pencha pour comprendre les glyphes et les runes qui formaient des motifs qu'il ne saisissait pas. Les écritures se mirent à suinter d'un liquide rouge qui finit de rendre le tout illisible. Agacé, Klenval referma l'ouvrage.

Il contempla le salon, une pièce chaleureuse qu'il aimait particulièrement. Des pétales de fleurs tombaient du plafond pour saluer l’arrivée du prince, ils s'amoncelaient petit à petit, partout dans la pièce. Klenval soupira et alla chercher un balai. Il se mit alors à brosser le sol et réunir les pétales pour pouvoir les ramasser, mais ceux-ci s'écrasaient en laissant des traces sanguinolentes sur le sol. Et ils continuaient de tomber lentement alors que les cloches sonnaient dehors. Klenval fut de nouveau agacé. Il tendit la main et pris un pétale entre ses doigts. Lorsqu'il le froissa, le pétale laissa une trace de sang sur sa main. Laureena entra dans la pièce et s'amusa de son air contrarié.

- Laisse, je vais m'en occuper. C'est ma faute, j'en laisse vraiment de partout.

Avec un sourire, elle lui pris le balai des mains et s'attaqua aux pétales en chantonnant à nouveau – mais les cloches empêchaient Klenval d'entendre la voix de son épouse comme il l'aurait voulu. La jeune femme n'eut pas plus de succès et les pétales laissaient toujours des traces sur le sol. Elle en fut perturbée et pris une mine inquiète.

- Décidément. J'en laisse vraiment de partout. Tu peux le prendre s'il te plait, pendant que je passe le balais ?

Elle posa le balais et tendit des mains ensanglantées vers Klenval. Le paladin recueilli dans ses paumes un petit être pas plus grand qu'une phalange, qui baignait dans des amas de chair. Il jeta un regard horrifié à sa femme, qui remonta les pans de sa robe, dont tout le bas était maculée d'un sang poisseux partant de son entrejambe.

- C'est ma faute. Je suis désolée. Ne me regarde pas comme ça, s'il te plait.

La peau de Laureena se craquelait alors que ses cheveux blonds se racornissaient sous l'effet d'un feu invisible. Rapidement, les traits de son visage fondirent pour ne laisser qu'un squelette noirci qui fixait Klenval. Autour d'eux, les pétales tombaient toujours, mais ils étaient en flamme. Et les rideaux filtraient la lumière d'un incendie qui ravageait le quartier.



Klenval se réveilla en sueur. Il mit un moment à se réveiller et retourner à la réalité, et quelques minutes après, il avait encore l'impression de sentir les odeurs de chair brûlée. Progressivement, l'horreur de ce cauchemar alimenta sa colère. Il se jeta hors du lit en se remémorant les conversations avec le reste de la Compagnie, et se dirigea vers les geôles avec une sombre résolution. S'il était clair que ces rêves malsains étaient induits par un facteur extérieur, la cause en était soit le prisonnier, soit les statuettes.

Le Capitaine entra en trombe dans la petite pièce au sous sol, faisant sursauter les deux gardes qui se mirent au garde-à-vous. Le temps qu'ils réagissent, le paladin avait agrippé l'orc par ses guenilles et lui hurlait dessus.

- C'est toi qui fait ça ? Non, tu n'es qu'un pion, c'est ça ? Tes maitres m'entendent ? EST CE QU'ILS M'ENTENDENT ?

Klenval tira l'orc léthargique vers lui, lui cognant le crâne contre les barreaux. Il répéta le geste quelques fois avant que les gardes n'interviennent.

- Capitaine, vous devriez...
- Foutez moi la paix !
- Mais enfin, Capitaine !

Les gardes lui attrapèrent les bras et le tirèrent avec difficulté vers la sortie. Les deux autres orcs prisonniers s'étaient réveillés suite au vacarme, et regardaient le paladin avec autant de défiance que de stupeur. L'orc sectateur était à genou, son visage tuméfié reposait contre la porte de sa cellule et ses lèvres s'articulaient tandis qu'il marmonnait des paroles incohérentes. Soudain, l'ombre se fit plus consistante autour du lui alors qu'il commençait à se relever dans une position défiant l'anatomie. Les gardes, surpris par le phénomène, relâchèrent leur prise.

Klenval se libéra promptement. Ses yeux brillaient de Lumière, son visage était crispé dans une grimace de rage. Il fonça sur l'orc et, passant le bras droit à travers les barreau, lui pris le visage dans la main. La Lumière s’échappa avec fureur par la paume du paladin. Dans un bruit sourd, les geôles furent éclairées une fraction de seconde.

Le cadavre du sectateur gisait contre le mur de la cellule, son visage noirci. Les deux orcs dévisagèrent Klenval, l'un cracha dans sa cellule tandis que la femelle hocha la tête. Les gardes étaient tétanisés, ne sachant comment agir. Le Capitaine semblait avoir retrouvé son calme, mais ses traits étaient de pierre. Il se tourna vers la sortie.

- Débarrassez moi de ça.
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Caerta

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 17 Juil - 8:41

Ses paupières luttant dans un sursaut de lucidité, Caerta fixa son livre avec intensité. Elle n'avait pas sommeil. Pas encore. Elle pouvait continuer de lire un moment, et lorsqu'elle ne tiendrait vraiment plus, elle descendrait l'escalier pour aller se coucher. Crispée, elle se pinça le gras du bras. Elle pouvait, sinon, fermer une paupière, la laisser se reposer, puis répéter le procédé avec l'autre. Si seulement il pouvait cesser de la tuer sans arrêt, aussi. Caerta glissa à nouveau le bras derrière elle pour accueillir la lame aiguisée qui tranchait le dossier du siège et l'atteignait au dos. Une torsion de ses doigts, sans regarder, suffisait à plier le fil malléable de la dague. Le couteau, honteux, se dissolvait dans l'air tandis que la plaie du bois pleurait une sève sanglante. Une autre dague pénétrait la chaise, à un endroit différent, près des reins, plus effilée, plus claire. Caerta ignorait l'identité de l'assassin caché derrière sa chaise, ce devait être quelqu'un de petite taille ou de ramassé sur lui-même. Sans doute une ombre. Elle plia la pointe du bout des doigts, tournant la page de sa main libre. L'histoire s'imprimait sur les pages vierges au rythme d'une lettre par seconde. Un couteau à gibiers traversa le haut du dossier, caressant fraichement le lobe d'une oreille et brisant son anneau. Elle changea de main et façonna la lame ramollie en une boule vaporeuse. De toute façon, elle se sentait rien. Seul le meuble gouttait.

Il allait bientôt falloir fuir dans les sous-sols, la silhouette gigantesque de la vague se devinait sur l'horizon. L'intendante se leva, clôt le petit ouvrage imprimé entre ses deux mains pâles. La bougie se mourait dans une toute petite inspiration, son utilité perdue. Dans l'obscurité assourdie de la pièce, Caerta ressentait la présence de celui qui voulait la tuer de manière aléatoire : le poids dans son dos disparaissait parfois. A d'autres moments, il se rapprochait suffisamment près pour piquer la lame dans l'étoffe de sa robe : elle glissait alors la main derrière elle et pliait le métal, rapidement au cas où la chose aurait essayé de la mordre, comme on chasse une mouche.

L'escouade l'attendait dans les sous-sols, à l'entrée des geôles, sous la lueur jaunâtre d'une torche tenue par Léati.

«  Je ne savais pas qu'il y avait un passage secret », s'étonna la jeune femme, sans s'adresser à quelqu'un en particulier. Avec de la chance, elle parviendrait à entrer et fermer la porte au nez de ce qui voulait la tuer. Les prisonniers Orcs avaient refusé de les suivre, ils attendaient la vague pourpre.

Le Capitaine repoussa avec difficulté la porte de pierres mal taillées, plongeant le groupe dans un noir quasi complet, n'était la torche de Léati. Celle-ci n'était pas loin de s'éteindre. Caerta savourait sa victoire.

Son cœur s'accéléra de dépit. Dépourvu de consistance, il avait traversé l'épais granit avec lenteur, sur ses traces.

Elle ne pouvait pas en avertir ses compagnons, qui avançaient en file indienne dans le tunnel sec et bas de plafond, les pieds craquant sur le sable. Dans le meilleur des cas, ceux-ci deviendraient des cibles pour ce qui voulait la tuer ; dans le pire ils se fondraient en lui pour la suivre.

Bien au-dessus d'eux, par-delà le granit, le grès, le bois et les tourelles, ils virent en transparence la vague de trente mètres traverser le fort au ralenti, engloutissant les vivants sur son passage. Il faudrait au moins une semaine avant de pouvoir remonter à la surface. Les statues grises et poussiéreuses soutenant le tunnel ne pouvaient plus être mangées – qui sait à quand remontait la dernière visite ?

Ils s'arrêtèrent à un passage plus large pour se reposer, assis à même le sable jaune. Ils avaient une avance confortable sur la chose qui la suivait, nota Caerta avec gratitude. Ils auraient tout le temps de s'alimenter les uns les autres puis de reprendre la route. Elle enjamba le Capitaine, serrant ses cuisses à demi nues autour de sa taille tandis qu'il attrapait avec douceur ses hanches. Les zones en contact transpirèrent d'une sueur rouge pâle. Naeryan, derrière elle, lui passait ses bras autour du cou, déboitant son épaule. Thraden enfouissait son nez dans le cou du Long Voyant, la tête si enfoncée dans son torse qu'il n'en dépassait que le menton. Télani s'enfonçait dans une statue. Remontant un sein liquide derrière son épaule, Caerta se dit que l'ombre était encore loin, qu'ils avaient le temps. Les chairs pâlirent pendant que leurs pores suintaient, devinrent granuleuses, poreuses, rares. Une fragrance odieusement sucrée s'éleva des corps troués et extatiques.


***
Caerta ouvrit les yeux en inspirant si fort qu'elle eut, l'espace d'un très bref instant, l'impression de recevoir une masse dans le creux du ventre. La bougie s'était consumée. Tremblant comme une feuille, le cœur affolé, elle décolla sa joue du petit livre sur lequel elle s'était finalement assoupie. Elle se mit debout en repoussant précipitamment le bord de la table comme s'il s'agissait d'une chose répugnante, manqua tomber à la renverse en percutant la chaise et ramena les mains à son cou. Sa respiration erratique emplissait la salle vide ; des chuchotements semblaient y répondre. « Calme-toi. Calme-toi. Je t'en prie, calme-toi », bégayait-elle silencieusement. Des picotements angoissés crépitaient le long de ses bras et de sa gorge, un violent goût de bile montait. La panique s'effilocha, ne laissant qu'un profond dégoût rationnel d'elle-même. « Mon bras est juste et ma foi intègre », se força-t-elle à réciter mécaniquement, le livre serré contre sa poitrine. Elle pria un long moment dans l'escalier, appuyée contre le mur, misérable, humiliée.

Elle partait le lendemain sur Hurlevent afin de se réapprovisionner en fournitures au Donjon ; ce ne serait qu'une journée, mais elle essaierait de dormir là-bas. En dosant les prières, en recourant à la Lumière de manière régulière, elle essaierait de diminuer son temps de sommeil au Fort. Jusqu'à ce qu'ils aient trouvé la cause de cette folie et qu'ils la stoppent.
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Léati Tayra

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Dim 17 Juil - 12:16

Léati leva son épée et l'abatis droit devant elle, l'arrêtant avant qu'elle ne touche le sol. Elle recommença son geste, encore et encore, sentant ses muscles travailler sous son épaisse armure de plaque. Il fallait éviter de s'endormir et l'entrainement lui paraissait un bon moyen de garder l'esprit occupé.
A coter d'elle, son hyppogriffe faisait tinter son harnachement en grattant furieusement le sol de ses serres. Son bec déterra un large morceau de chair verdâtre qu'il vînt poser au pieds de sa maitresse qui le regarda d'un air perplexe.
En levant les yeux sur la cour, devant le fort, elle remarqua que des membres humains pourrissant dépassaient du sol, de part et d'autre. Il prit une teinte verdâtre quand Léati s'aventura au milieu de la plantation morbide.
L'animal continua de gober des morceaux de chair sous le nez de la guerrière. Elle leva la main pour frapper son bec, essayant de lui arracher son met. Il s'indigna, poussant un gloussement furieux et s'envola dans un ciel couleurs de braise.

Quelques cendres tombèrent sur le nez de Léati quand elle suivie l'animal du regard. Elle remarqua Alzarion au même moment.
Ses puissantes ailes déployées, sa gueule menaçante ouverte, crachant un feu d'une couleur indéfinissable sur des tentacules géantes, flanquée de large pique qui entailler les flancs du dragon. Des ses plaies s'échappait les mêmes morceau de chair pourrie qui jonchait le sol sous les pieds de la guerrière. Très vite, une véritable pluie de chair décomposé s'abattit sur Hauterive. Le dragon commença à perdre de l'altitude, et son corps s'écrasa sur l'une des tours, dans un fracas.

Léati arma son bouclier et son épée, se précipitant vers le point de chute. Elle remarqua que le reste de la Compagnie chargeaient eux aussi dans la même direction. Au loin, Alzarion se redressa dans un puissant grondement qui fit trembler la terre. Les larges tentacules autour de son corps essayant de l'enfoncer dans le sol.
De nombreuse petites créatures de chair difforme se dressèrent devant l'assaut de la Compagnie. Rampante, gémissante, leurs nombreux membres atrophié s'agitaient en l'air, s'agrippant par dizaine aux jambes et au bras, leurs petites dents pointues s'enfonçant dans les chairs sans tenir compte de l'armure.

Caerta semblait avoir plus de mal que les autres a se débarrasser des petits parasites. Elle tomba sur le sol gluant, se recroquevillant sur elle même en hurlant. Le temps que Léati parvienne à la rejoindre, il ne restait du corps de son ami, qu'un squelette blanchit, les créatures impies semblaient avoir fondu autour d'elle. Elle jeta rageusement son heaume à coter de la dépouille, observant une nouvelle vague de chairs vivante qui fonçaient vers elle. Son bouclier empala, écrasa, repoussa ses ennemis, pendant longtemps.
Le dragon hurlait toujours de rage et d'agonie derrière elle. Le reste de la troupe se dirigea vers la guerrière encerclée. L'épée entailla gravement le torse du Capitaine quand il s'approcha tandis que son bouclier semblait s'encombrer du corps d'un nain.

Son bras se leva et s'abattit droit devant elle, à plusieurs reprise, encore et encore. Ses muscles chauffait sous son armure, son corps se remplissant d'une agréable euphorie à chaque fois que sa lame trancher les chairs de ses compagnons d'armes. Voilà une agréable façon de s'occuper l'esprit.

************
Léati manqua de tomber du banc sur le quel elle s'était assoupi après son entrainement a l'extérieur du fort. Machinalement, elle leva les yeux au ciel, puis regarda l'état des tours. Elle soupira, se massant les tempes. C'étais un peu égoïste, mais retourner dormir a Hurlevent près de Weneth semblait finalement être une bonne idée.
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Towann

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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Lun 18 Juil - 3:06

Du haut des remparts de Hauterive, Towann laissait son regard se perdre en direction du port Gueule-de-dragon. Plus que jamais, il se demandait s'il devait revoir son jugement vis-à-vis des orcs et de la Horde en général. A l'heure actuelle, ils étaient en guerre mais à chaque fois qu'un ennemi commun menaçait Azeroth, ils avaient su faire front commun avant que leurs animosités ne reprennent le dessus. Les orcs en geôles le lui avaient prouvé, ils haïssaient bien plus le Crépuscule que l'Alliance.
Cependant, il en était venu à la conclusion qu'ils ne pourraient jamais cohabiter après avoir vu chaque trêve brisée, chaque traité bafoué, chaque accord transgressé. Mais aujourd'hui, ils étaient confrontés à un ennemi plus puissant que jamais. Peut-être que faire face à Aile-de-mort ensemble pourrait aboutir à une paix durable, la chose qu'il voulait à tout prix offrir à son fils. Il ne faudrait juste pas répéter les erreurs passées et espérer que les négociations soient efficaces.

Subitement, Towann se raidit. Un son venait de se glisser entre le remous des vagues en contrebas, une sorte de grattement qui, étrangement, ne le mettait absolument pas en confiance. Se saisissant de son fusil, il approcha lentement le bord du rempart pour en observer la paroi.
Il vit alors une petite créature tassée agrippée au mur et visiblement en pleine escalade. La chose leva une tête cachée derrière un masque vaudou trop grand pour elle et avant que le kaldoreï n'aie pu réagir, elle poussa un hurlement strident et se jeta d'un bond sur lui.

Towann fit feu sans hésiter et le gnome vaudou inerte partit se perdre dans la houle.


"- Merde, pas ça... pas encore..."


Il se retourna avec la ferme intention de donner l'alerte mais constata alors qu'il était encerclé. Une bonne douzaine de gnomes vaudous lui faisaient face, masqués et armés de lances grossières, en poussant de petits cris hystériques. Ils semblaient attendre comme un prédateur attend le premier geste de sa proie. Les rôles étaient inversés. Towann, ayant toujours été le traqueur, se retrouvait à la place du traqué.
D'un geste machinal, il voulut recharger son arme à feu mais trois gnomes lui bondirent dessus avec une agilité étonnante. Il lâcha son arme - que ses assaillants ne sauraient probablement pas recharger - pour essayer d'attraper son épée mais les trois pestes qui l'entravaient furent vite rejoints par d'autres. Towann parvint à saisir la nuque d'un de ses opposant et le jeta au loin par-dessus le rempart.
Il fut alors enfin en mesure d'attraper son épée mais un gnome vaudou sournois planta ses petits dents aiguisées dans son poignet, lui faisant lâcher la garde. La lame tinta contre le sol mais l'elfe ne pouvait déjà plus la voir, submergé par la marée de masques et de cris version miniature. Towann suffoqua, tandis que ces créatures ignobles commençaient à mordre, griffer et bien vite, entreprendre de le dévorer vif.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Towann se réveilla en sueur, le souffle court. Son premier geste fut d'attraper le fusil posé à coté de sa couche, puis il observa les autres soldats dont le sommeil semblait tout aussi agité. Il y avait quelque chose derrière ces mauvais rêves récurrents, peut-être le Crépuscule ?
Lorsqu'il vit dormir un gnome récemment arrivé à Hauterive dans l'un des lits, il se sentit pris de nausées et sortit prendre l'air sans se séparer de son arme à feu.
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Martille



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MessageSujet: Re: [A faire vivre] Cauchemars   Mar 19 Juil - 8:59

Il ne restait qu'une pile d'étano-mythril ionisée à 25% pour alimenter l'arcanodensitomètre. Il faudrait renouveler le stock pour le mois prochain - il y aurait d'ailleurs une nouvelle livraison de vis à rotation inverse, ce qui permettrait de négocier un prix de gros ! Martille plaça sa main gauche, doigts écartés, sous l'engin portable qu'elle venait de charger. Une vingtaine de secondes étaient nécessaires pour obtenir un résultat lisible sur ces modèles légers, mais c'était toujours plus pratique que les modèles de Dalaran. Un signal sonore annonça l'affichage du spectre sur l'écran holograhique. Violet.

Le pourpre prit une teinte verdâtre. Cela ne pouvait pas être une erreur de contraste, la pile était neuve et la luminosité ambiante tout à fait convenable. La Gnome se piqua le doigt et analysa la goutte de sang sur une bandelette glissée dans l'arcanodensitomètre. Vert à 86,6% avec une marge d'erreur insignifiante. La probabilité pour qu'un tel événement se produise était de 0,973% sur une période de vingt années moyennes. Le Kirin Tor allait sans doute diminuer ses subventions et retarder ses recherches le temps que le taux d'intoxication diminue. Arrachant l'arcanodensitomètre, elle poussa un cri aigu de frustration. Les fonds iraient certainement à un de ces mages Troggs tant fêtés par le Conseil. Ou bien elle serait mise en isolation avec ceux qui avaient succombé, comme ses parents. Parmi les lépreux incurables.
Martille, blème, réalisa avec horreur qu'elle n'avait qu'une solution envisageable. Elle travaillait sur ce thème depuis plus de onze ans, il n'était pas question qu'on l'empêche de faire aboutir ses recherches. Elle irait chercher directement dans la Cour du bricoleur ce dont elle avait besoin. Elle n'avait pas à attendre le bon vouloir de ces imbéciles. Seules comptaient ses recherches, sa vision, son oeuvre.

Et Vintz.

***
La mage ouvrit des yeux perplexes dans l'obscurité, se grattant la hanche.

La première induction était qu'il s'agissait d'un des cauchemars mentionnés lors de leur arrivée. Il était vraisemblable que le contact répété avec la statuette ait favorisé l'excitation des cellules nerveuses, conduisant ces dernières à une réaction biochimique hallucinogène. Il faudrait se renseigner sur la teneur des cauchemars des autres pour déterminer si les émotions fortes étaient le terrain privilégié de l'influence magique étudiée ou s'il s'agissait de rêves aléatoires.
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