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 Quelques montures de plumes en argent et des bracelets

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Caerta

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MessageSujet: Quelques montures de plumes en argent et des bracelets   Jeu 25 Aoû - 10:07


(Voici la raison RP de l'absence de Caerta. Je me suis dit que c'était plus simple d'en faire un petit récit)


Caerta s'était rendue à Thelsamar après avoir attendu des nouvelles deux jours durant. L'inquiétude qui lui enserrait le plexus ne l'avait pas quittée depuis l'instant où l'officier Drewry avait fait son compte-rendu du passage d'Aile-de-mort, et elle l'entretenait malgré elle, par la faute de ces maudites pierres Nagas. Équipé à contre cœur de plaques d'élémentium, Loyal s'était élancé dans le ciel nuageux des Hautes-Terres à toute allure, en alerte devant les lignes courbes des dragons noirs qui apparaissaient au loin, évitant dans la mesure du possible la zone sombre du Bastion.

A une quarantaine de mètres du sol, on pouvait suivre le trajet emprunté par le dragon dément : des crachats fumants de terre et de roche bouillies rougeoyaient encore par endroit en bordure du Loch. Les replis gris des pierres fondues, vomis sur l'un des marais, devaient être en train de se solidifier. Arbres partis en poussière, terre éventrée. Maisons explosées sous l'impact de ses ailes.

L'intendante fit descendre son griffon en piqué vers le centre de la ville sans s'arrêter au petit promontoire du Maître Borrelson. Au vu de l'ampleur des dégâts, les habitants avaient dû se rassembler au même endroit, vraisemblablement vers l'auberge des Poêlâtre. Elle atterrit sous le nez d'un Tombemartel ahuri et démonta précipitamment, agrippant les rênes du griffon tandis qu'elle tournait la tête de droite à gauche à la recherche de visages connus. Ce fut le Magistrat Courtnez qui s'avança, s'appuya pesamment sur son avant-bras.

Sourcils froncés, regard inquiet, Caerta plongea ses yeux dans les siens.

- " Quand ce n'sont pas ses foutus pantins d'mes deux, c'est l'aut' fou ", grimaça le Nain en clignant ses paupières violettes de fatigue sous ses sourcils ébouriffés.

- " Vous... vous avez eu des pertes ? " La crainte faisait battre ses tempes. " Il est passé surtout au Nord du Loch, d'après ce qu'on m'a dit ? "

Le poids de la main de Courtnez s'accentua sur son bras silencieusement, irrésistible. Le Magistrat serra de son autre main la paume de Caerta comme s'il voulait s'assurer de l'équilibre de la jeune femme. Une vague de fourmillements erratiques l'électrisa, elle secoua la tête de manière à peine perceptible, les lèvres entr'ouvertes.

- " ... ils sont... mes parents... ? "

Le Nain lâcha un soupir grave en resserrant son étreinte.

- " Pas seul'ment eux, toutes les habitations d'la zone ont brûlé ou s'sont effondrées. Les Montagnards ont tenté d'interv'nir et d'évacuer l'blessés, mais la plupart d'prêtres s'trouvaient au Nord d'Thelsamar, pas auprès du Loch. "

Les doigts de Caerta tremblaient, elle continuait de secouer les joues. Les rênes pendaient dans le vide sans que Loyal ne s'en formalise.

- " Tyraw et Gwarth, tu t'souviens d'eux ? Ils sont allés récupérer les restes c'matin dans les ruines là-bas. " Il la guida doucement mais fermement sur quelques pas, dans la poussière de la place. " Ils les r'distribuent aux familles. C'est Cherchepierre qui a ton urne. "

Blême, inerte, le corps rigide, Caerta se laissait mener jusqu'au vieux Brock comme un épouvantail. Elle écouta la brève homélie de Brock, qui avait perdu un excellent camarade, un artisan hors pair filou comme il les aimait, et un ami. Son père et sa mère n'avaient pas eu le temps de fuir le torrent de flammes, de pierres et de terre portées sur des dizaines de mètres par les coups d'ailes monstrueux du maudit. Ils avaient péri avec leurs voisins sous les cris des Montagnards qui ne parvenaient pas à traverser le mur de feu.

Caerta s'aperçut qu'elle gisait sur le sol, les genoux douloureux, la tête entre les épaules agitées de soubresauts. Enserrant conrte sa poitrine l'urne que Brock tenait toujours, au risque de déformer le métal, elle secouait la tête, un " non " désarticulé sur les lèvres. Elle pleura sitôt qu'un gémissement parvint à s'échapper de sa gorge. Le vide était si profond, si soudain, en elle, qu'elle crut mourir. Le vieux mineur frottait ses cheveux gauchement sans lâcher l'urne sans qu'elle ne le sente. Elle pleurait bruyamment de manière désordonnée. Elle pleurait encore quand Brock lui laissa finalement l'urne.

Elle aurait pleuré jusqu'à s'oublier entièrement si elle n'avait pas été violemment soulevée par le collet et secouée sans ménagement par deux mains de Naine. La voix de Phoebe lui criait de se reprendre.

- " Tu crois qu'ils t'ont élevée et nourrie pour qu'tu pleures à plus pouvoir pisser, Maerlane ? Hein ? Tu crois qu'ils s'raient fiers d'te voir, là ? "

C'était certainement sa chère Phoebe, la fière Phoebe. Caerta tenta de tourner le cou et de percer le rideau de ses larmes. La fille Brumn l'étranglait à moitié, les joues mouillées. Elle avait perdu son frère.


***
Elle s'était rendue quelques heures plus tard sur le terrain de ses parents. Avait contemplé avec colère les débris, les cendres noires, les pierres croquées par le feu. Elle leur en voulait tellement de ne pas être partis plus tôt. Elle concevait tant de haine à son égard de n'avoir pas insisté. A quatre pattes dans les cendres tièdes, en armure, en pleurs, elle avait fouillé trois jours durant les décombres. Elle avait poussé des cris horrifiés en découvrant sous des restes de bois le crâne émietté de Taïaut, le chien de la famille qui ruinait le potager de son père. Sa réaction avait définitivement brisé les os ; ceux-ci avaient rejoints ceux de l'urne.

A force d'insistance et de méthode, quelques objets avaient pu être extraits. Des montures de plumes en argent de sa mère, qui s'en servait pour écrire les lettres des autres, enfouies dans la terre, protégées par une casserole crevée. Les bracelets en métaux de son père, ceux qu'il prétendait guérir les rhumatismes mieux que les prêtres et qu'il avait l'intention de monter en commerce, depuis qu'il était trop vieux pour construire et façonner des bâtiments. Quelques pages d'ouvrage. Des bijoux dépareillés.

Le travail physique n'avait pas calmé son cœur, mais avait occupé ses pensées suffisamment pour qu'elle songe à ses fonctions. L'envie d'appeler à l'aide son amie, un proche, un membre de la Compagnie par l'holovox était si forte qu'elle en était physique. Elle ne s'y résolvait cependant pas.

Lorsqu'elle serait plus calme, elle demanderait à ce que quelques cendres soient incluses dans un petit quartz qu'elle porterait en collier.
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Quelques montures de plumes en argent et des bracelets
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